Un reportage pour Les Nuits Perchées : photographier une cabane dans les forêts du Perche

 

Un reportage pour Les Nuits Perchées : une cabane dans les forêts du Perche

 
Cabane dans les arbres au cœur du Parc Naturel Régional du Perche, en forêt
 
 

Photographier l'expérience avant le lieu

Il y a des endroits qu'on ne photographie pas vraiment de la même façon que les autres.
Des lieux où la première chose à faire, en arrivant, c'est de poser l'appareil et d'écouter.

C'est aussi ce que j'étais venue chercher dans le Perche depuis quelques mois, pas seulement des projets alignés, mais un lieu à moi. Cette région m’attire pour sa nature préservée, ses routes vallonnées, ses forêts profondes, ses villages de pierre. Et pour quelque chose de moins visible mais tout aussi réel : une façon de vivre et de travailler qui me ressemble. On y construit autrement, on y pense à l'échelle du temps long. Les Nuits Perchées sont tombées sur moi pendant cette recherche, et ce n'est pas un hasard si j'ai eu envie de les photographier.

Après des heures à traverser le silence de la campagne percheronne, j’ai rencontré Annabelle et Antoine, un après-midi de décembre. Fondateurs des Nuits Perchées; ils s’occupent de deux cabanes installées au cœur du Parc Naturel Régional du Perche, à Cour-Maugis-sur-Huisne, dans une forêt qu'on a du mal à quitter une fois qu'on la connait.

 
Intérieur d'une cabane haut de gamme dans le Perche, lumière tamisée et mobilier artisanal
 
 
Chemin en forêt menant aux cabanes des Nuits Perchées, Cour-Maugis-sur-Huisne
 

Ce que l'on ressent avant ce que l'on voit

Ce qu'on sous-estime souvent, dans la photographie d'hébergement, c'est de vouloir montrer le lieu avant de donner à ressentir ce qu'on y vit.

Aux Nuits Perchées, ce qui m'a frappée en premier, ce n'est pas l'architecture de la cabane (même si elle est juste et pensée dans les moindres détails). Ce que j’y ai vu avant tout, c'est le calme des vallées percheronnes depuis la terrasse, l'ambiance tamisée de l'intérieur quand la nuit tombe sur les sous-bois, ou encore le vert qui s'étend à perte de vue, sans une ligne électrique pour interrompre le paysage.

Et puis ces petites choses qui signent vraiment un lieu: l'envie d'attraper les jumelles laissées à disposition pour observer les pics-verts sur les troncs, de choisir un vinyle pour danser sous les étoiles. Le goût du petit-déjeuner d'Annabelle, amené au lever du soleil dans un panier accroché à la poulie de la cabane, que j'ai encore sur la langue en écrivant ces lignes.

Je me souviens m'être arrêtée longtemps sur la terrasse, à regarder les chevaux en contrebas sans rien faire d'autre que contempler. C'est rare, un lieu te convainc que le temps passé à simplement être là n'est pas du temps perdu. Les Nuits Perchées sont de ces hébergements qui correspondent à une certaine idée de la vie; celle qu'on projette, qu'on espère, qu'on cherche à atteindre en réservant.

Ce sont exactement ces promesses-là que j'essaie de rendre visibles.

 
 

Comment je travaille : observer et ressentir avant de cadrer

Quand j’accompagne un lieu, installé comme en cours de création, j’aime commencer par y passer du temps. C’est dans cet avant, que je rencontre les propriétaires à la personnalité bien trempés, que je cherche à comprendre ce que le lieu promet à ses hôtes, et ce qui le rend irremplaçable.

Pour les hébergements comme les Nuits Perchées; des maisons d'hôtes insolites, des cabanes haut de gamme, des gites en pleine nature, cette phase d'imprégnation est essentielle. Parce qu’on ne choisit pas un lieu simplement pour son emplacement ou la justesse de son design, mais aussi par la palette d’émotions qu’elle nous promet de ressentir.

Concrètement : j'observe la lumière à différents moments de la journée, je me concentre sur les détails qui font de l’espace un lieu habité et pas seulement réservable. Par exemple, une tasse posée sur la table basse, une porte entrouverte, un lit à moitié défait ou des souvenirs personnels sur les étagères. L’objectif est avant tout de produire des images vraies, qui puissent transmettre ce que les mots ne suffisent pas toujours à décrire dans une fiche de réservation.

Ce que ces images changent concrètement, c'est la cohérence entre la promesse et ce qu'on perçoit avant d'arriver. Un lieu avec des images à sa hauteur attire les bons clients : ceux qui comprennent ce qu'il propose, qui sont prêts à y mettre le prix, et qui repartent en l'ayant vraiment vécu.

C'est aussi une banque d'images qui nourrit durablement le site, les réseaux sociaux, les candidatures auprès de la presse ou de plateformes de sélection. On ne refait pas ces images tous les ans, alors autant qu'elles soient justes dès le départ.

Quelques jours après la livraison des fichiers, Annabelle m'a écrit :

 
Petit-déjeuner dressé sur la table des Nuits Perchées, avec des produits locaux et de saison
 
 

J'ai ouvert, j'ai regardé, j'ai téléchargé… je suis très émue en voyant ces photos. Je crois que jamais nos cabanes n'ont été vues et capturées ainsi. Il y a une lumière qui transperce la densité de la forêt, du bois. La lumière darde le sombre."

 

C'est intimement ce que j'espère, à chaque fois.

 
Accueil chaleureux lors d'une escapade dans les vallées du Perche
 
 

Photographier un hébergement, c'est aussi valoriser un territoire

Le Perche, c'est une région qu'on sous-estime souvent depuis Paris, à deux heures de route, et qu'on ne quitte plus facilement une fois qu'on l'a découverte. Ses forêts, ses vallées, ses maisons de maître et ses fermes en pierre ont attiré une communauté singulière : des céramistes, des ébénistes, des chefs, des créateurs qui ont choisi de travailler autrement, avec l'idée que respecter la nature, c'est aussi se respecter soi-même.

Les hébergements insolites et les maisons d'hôtes qui y poussent depuis quelques années sont le reflet direct de cet état d'esprit : des lieux portés par des gens qui ont un projet, pas seulement une adresse. Ce sont ces projets-là que j'aime photographier, parce qu'ils méritent des images cohérentes avec ce qu'ils incarnent.

Chez Annabelle et Antoine, le mobilier est issu de savoir-faire locaux, le dîner est fait-maison, et les produits du déjeuner sont sourcés chez les producteurs du coin.

Ce type d'hébergement de caractère ne se vend pas comme un hôtel classique, et ne devrait pas se photographier comme tel. Il porte une philosophie bien différente : un rapport au vivant, une hospitalité plus incarnée et une manière de voyage bien plus lente.

 

 

Vous avez un lieu à faire exister en images ?

Je suis Ginnie-Line, photographe engagée entre Lille et Le Perche, avec un appétit tout particulier pour les projets qui savent mêler nature, durabilité, humain et bon sens.

Si vous portez un projet d'hébergement dans le Perche ou en Normandie, cabane, maison d'hôtes, gîte de caractère, et que vous cherchez quelqu'un capable d'en saisir la singularité, je serais ravie d’échanger.

On peut commencer par quelques mots simples : ce que vous portez comme projet, ce que vous cherchez comme images, et si notre façon de voir les choses peut se rencontrer.

 
 
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Photographe engagée dans le Perche : mettre en lumière artisans et savoir-faire locaux.